Attendre a l'air gratuit. Tu paies en mois, et tu lâches la date. Avant de démissionner pour en finir, ou d'attendre un licenciement pour ne rien perdre, regarde ce que chaque option ouvre en France, et ce qu'elle te retire.
En Belgique, en Suisse ou au Québec, les règles diffèrent : vois ONEM, arbeit.swiss ou CNESST.
Ce que la démission te fait perdre en France
Ta démission doit être claire et non équivoque. L'employeur ne peut pas la refuser. L'existence et la durée du préavis viennent de la convention collective, du contrat ou, à défaut, des usages (Code du travail, art. L1237-1 ; Service-Public, F2883).
À la fin du préavis, il n'y a pas d'indemnité de rupture. L'employeur remet le certificat de travail, le reçu pour solde de tout compte et l'attestation pour France Travail. Se règlent à part le salaire jusqu'au dernier jour, l'indemnité compensatrice de congés payés s'il reste des jours, les primes liées au contrat, et l'indemnité de non-concurrence si l'employeur n'a pas levé la clause.
L'allocation d'aide au retour à l'emploi demande une privation involontaire d'emploi, l'aptitude physique, et une résidence stable et régulière en France. Il faut être inscrit comme demandeur d'emploi, ou dans une formation du contrat d'engagement, dans les 12 mois suivant la fin du contrat, et accomplir des actes positifs et répétés de recherche d'emploi. Pour une fin de contrat à compter du 1er avril 2025, elle peut s'ouvrir après un licenciement, une rupture conventionnelle, le non-renouvellement du CDD, ou une démission tenue pour légitime. En principe, la démission n'ouvre donc pas l'allocation (Service-Public, F38881).
Si elle n'est pas légitime, deux voies viennent plus tard. Retravailler au moins 3 mois, soit 65 jours travaillés ou 455 heures. Ou, après 121 jours de chômage, demander à France Travail un réexamen. Une instance paritaire régionale vérifie les conditions d'attribution autres que la privation involontaire, et les éléments de recherche d'emploi. Si la demande est acceptée, le versement part au plus tôt le 122e jour de chômage (Service-Public, F34991/2). Aucune des deux voies n'est automatique.
Ce que le licenciement ouvrirait, s'il arrive
Un licenciement pour motif personnel ou économique est une privation involontaire d'emploi. Il peut ouvrir l'allocation si les autres conditions sont remplies. Avec moins de 55 ans, l'affiliation est d'au moins 6 mois, soit 130 jours ou 910 heures, sur les 24 derniers mois. À partir de 55 ans, les mêmes 6 mois se regardent sur les 36 derniers mois. Depuis le 1er avril 2026, un primo-entrant, qui n'a jamais perçu l'assurance chômage ou ne l'a pas perçue depuis plus de 20 ans, peut remplir cette affiliation avec 5 mois au lieu de 6, dans la fenêtre de son âge. Pour une fin de contrat depuis le 1er février 2023, lorsque le taux de chômage global est inférieur à 9,0 % et n'a pas augmenté de 0,8 % sur un trimestre, la durée est réduite de 25 %. En dessous de 55 ans, l'allocation dure au plus 548 jours (18 mois) après un licenciement (Service-Public, F38881).
Le licenciement peut aussi ouvrir l'indemnité légale. Elle est due au salarié en CDI licencié qui a 8 mois d'ancienneté ininterrompus chez le même employeur, sauf faute grave. Le taux est fixé par le règlement : pas moins d'un quart de mois de salaire par année d'ancienneté jusqu'à dix ans, et d'un tiers de mois par année au-delà (Code du travail, art. L1234-9 ; art. R1234-2). La convention ou le contrat peut prévoir mieux. Le droit naît si le licenciement est prononcé, et s'il n'est pas qualifié de faute grave.
Tu ne choisis ni le jour, ni le motif, ni la qualification retenue.
Ce que l'attente te retire
Pendant l'attente, l'employeur peut ne pas te licencier, te licencier dans six mois, ou changer le poste avant. Tu retardes la recherche. Si tu as déjà un poste en vue, le délai peut le faire passer. Le calendrier n'est plus le tien.
Le motif pèse autant que la date. Une faute grave supprime l'indemnité légale. Chercher à provoquer une faute pour « sortir licencié » prend ce risque, et sort avec une qualification qui suit le dossier. Ce n'est pas un plan.
L'abandon de poste n'est pas non plus un licenciement déguisé. Le salarié qui abandonne volontairement son poste et ne reprend pas le travail après une mise en demeure est présumé démissionnaire à l'expiration du délai. La mise en demeure, par lettre recommandée ou remise en main propre contre décharge, demande de justifier l'absence et de reprendre le poste. Le délai fixé pour reprendre le poste ne peut pas être inférieur à quinze jours calendaires. Il court à compter de la présentation de la lettre ou de la remise en main propre. Un motif légitime, parmi lesquels des raisons médicales, le droit de retrait, la grève, le refus d'exécuter une instruction contraire à une réglementation, ou la modification du contrat à l'initiative de l'employeur, peut faire obstacle à la présomption. Tu indiques ce motif dans ta réponse à la mise en demeure. Tu peux contester la rupture devant le conseil de prud'hommes. La demande est traitée dans un délai d'un mois à compter de son dépôt. La procédure ne vise ni la période d'essai ni le CDD. Si l'employeur traite l'abandon comme une démission, France Travail n'indemnise pas, en principe (Code du travail, art. L1237-1-1 ; Service-Public, F31209).
Si le poste t'use au point d'en faire une question de santé, c'est un médecin qui en décide.
La troisième voie : proposer une rupture conventionnelle
Entre démissionner et attendre, la rupture conventionnelle peut ouvrir l'allocation, parce qu'elle est une privation involontaire d'emploi, et elle te rend une date si l'employeur entre dans l'accord. L'employeur et toi pouvez convenir des conditions de la rupture. L'article L1237-11 exclut le licenciement et la démission, et aucune des deux parties ne peut l'imposer (Code du travail, art. L1237-11). Elle ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale de licenciement. Si ta convention collective prévoit une indemnité de licenciement plus élevée, elle sert en général de plancher : vérifie-le dans ta convention. Après la signature, chaque partie a 15 jours calendaires pour se rétracter, par lettre qui permet de s'assurer de la date de réception. La convention part ensuite à la DDETSPP. Quinze jours ouvrables. Sans réponse, elle est homologuée. Il n'y a pas de préavis. La date de fin ne peut pas précéder le lendemain de l'homologation. Le salarié protégé ne suit pas cette homologation : il faut l'autorisation de l'inspecteur du travail, et le contrat ne se rompt pas avant le lendemain de cette autorisation (Code du travail, art. L1237-15 ; Service-Public, F19030 ; Code du travail, art. L1237-13 ; Service-Public, F38881).
Si ton contrat prend fin à compter du 1er septembre 2026, la durée maximale de l'ARE après une rupture conventionnelle individuelle est de 15 mois si tu as moins de 55 ans à la fin du contrat, et de 20,5 mois si tu as 55 ans ou plus. Dans les DROM-COM, ces plafonds sont de 20 mois et de 30 mois.
Avant la signature, l'employeur peut ne pas répondre ou refuser. Après la signature, la rétractation est celle des 15 jours, pas un retrait libre « à tout moment ». Si l'accord ne se fait pas, tu reviens aux deux premières options, avec ce qu'elles coûtent.
Chiffrer ta position, sans chiffrer l'allocation
Exemple inventé. Un salarié en CDI, 4 ans d'ancienneté, licencié hors faute grave. On retient 3 000 € comme mois de salaire pour appliquer le minimum de l'article R1234-2 : 4 × 1/4 × 3 000 = 3 000 €. Exemple de calcul, pas un bulletin, et pas le salaire de référence de ton dossier. S'il démissionne, l'indemnité de rupture est à zéro. S'il est licencié pour faute grave, l'indemnité légale est à zéro aussi.
Ce chiffre ne dit pas combien de mois tu tiens. Compare-le à ta réserve, au temps d'une recherche dans ton métier, et à ce que tu sais vraiment du calendrier de l'employeur. S'il attend que tu partes de toi-même, l'attente peut durer plus longtemps que la réserve. L'allocation, tant que France Travail ne l'a pas ouverte, compte comme zéro dans ce calcul.
Sans autre emploi, le coût d'une démission se lit en mois sans revenu : Démissionner sans autre emploi. Si l'hésitation porte sur le départ lui-même : Hésiter à quitter son emploi.
La position depuis laquelle tu décides
Démissionner te donne la date. En principe, cela te retire l'allocation, sauf démission légitime, et il n'y a pas d'indemnité de rupture. Attendre conserve un droit éventuel, et te retire la date et le motif. Proposer une rupture conventionnelle rend une partie du calendrier si l'employeur signe, et seulement dans ce cas. Tu choisis avec la réserve que tu as, pas avec l'allocation que tu espères.
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Questions fréquentes
La démission ouvre-t-elle droit au chômage ?
Non, en principe. L'allocation demande une privation involontaire d'emploi, l'aptitude physique et une résidence stable et régulière en France. Il faut être inscrit comme demandeur d'emploi, ou dans une formation du contrat d'engagement, dans les 12 mois suivant la fin du contrat, et accomplir des actes positifs et répétés de recherche. La démission ne l'ouvre que si France Travail la tient pour légitime. Sinon, deux voies viennent après : retravailler au moins 3 mois, soit 65 jours travaillés ou 455 heures, ou demander un réexamen après 121 jours de chômage. Si ce réexamen est accepté, le paiement part au plus tôt le 122e jour.
Attendre un licenciement peut-il me priver d'une indemnité ?
Oui, si le licenciement est prononcé pour faute grave : l'indemnité légale n'est pas due. Hors faute grave, le salarié en CDI licencié avec 8 mois d'ancienneté ininterrompus a droit au minimum légal. Tu ne choisis ni la date, ni le motif retenu.
L'abandon de poste est-il un moyen d'être licencié ?
Non. Le salarié qui abandonne volontairement son poste et ne reprend pas le travail après une mise en demeure est présumé démissionnaire à l'expiration du délai. Cette mise en demeure, par lettre recommandée ou remise en main propre contre décharge, demande de justifier l'absence et de reprendre le poste. Le délai fixé pour reprendre le poste ne peut pas être inférieur à quinze jours calendaires (Service-Public, F31209). Tu indiques un motif légitime dans ta réponse. En principe, France Travail n'indemnise pas si l'employeur traite l'abandon comme une démission. La procédure ne vise ni la période d'essai ni le CDD.
Une rupture conventionnelle peut-elle être refusée par l'employeur ?
Oui. L'article L1237-11 en fait un accord qui exclut le licenciement et la démission, et ni l'employeur ni toi ne peut l'imposer. Après la signature, chaque partie a 15 jours calendaires pour se rétracter, par lettre qui permet de s'assurer de la date de réception. Passé ce délai, la convention part à l'homologation. Le salarié protégé ne voit pas son contrat rompu avant le lendemain de l'autorisation de l'inspecteur du travail.
Combien de temps faut-il avoir travaillé pour toucher l'ARE ?
Avec moins de 55 ans, au moins 6 mois, soit 130 jours ou 910 heures, sur les 24 derniers mois. À partir de 55 ans, les mêmes 6 mois se regardent sur 36 mois. Depuis le 1er avril 2026, un primo-entrant peut remplir l'affiliation avec 5 mois au lieu de 6, dans la fenêtre de son âge. C'est une condition d'ouverture, pas un montant.
QuickInsight est uniquement informatif. Ce n'est pas un conseil médical, juridique, financier ou un autre conseil réglementé. Si tu es en crise, demande d'abord de l'aide à une personne.
Sources
Consultées le 26 octobre 2026. Les règles changent : relis la fiche avant d'agir.
- Service-Public, démission d'un salarié, F2883, vérifié le 8 juillet 2026
- Code du travail, art. L1237-1
- Code du travail, art. L1237-11
- Code du travail, art. L1237-15
- Service-Public, allocation d'aide au retour à l'emploi, F38881, vérifié le 23 juillet 2026
- Service-Public, démission non légitime et réexamen, F34991/2, vérifié le 1er avril 2025
- Code du travail, art. L1234-9
- Code du travail, art. R1234-2
- Code du travail, art. L1237-1-1
- Service-Public, abandon de poste, F31209, vérifié le 6 août 2026
- Code du travail, art. L1237-13
- Service-Public, rupture conventionnelle, F19030
- France Travail, je veux faire une rupture conventionnelle